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22 décembre 2011 4 22 /12 /décembre /2011 20:21

Après de longues tractations et des tiraillements internes au sein des trois partis majoritaires, le premier gouvernement tunisien de l'après-Ben Ali doit être soumis jeudi après-midi à l'approbation de l'assemblée nationale constituante (ANC) pour un vote de confiance.

Dirigé par le No2 d'Ennahdha, Hamadi Jebali, le nouveau gouvernement, dont la composition a été dévoilée par la radio privée Mosaïque FM, est dominé par ce mouvement islamiste, grand vainqueur des élections d'octobre. Mohamed Bennour, porte-parole du mouvement Ettakatol, a confirmé à l'AP la composition de ce gouvernement.

Le parti Ennahda de l'ancien exilé à Londres, cheikh Rached Ghannouchi, s'accapare les ministères régaliens et plusieurs autres portefeuilles, à l'exception du ministère de la Défense. Ce dernier reste aux mains d'Abdelkrim Zbidi, seul membre du gouvernement sortant de Béji Caïd Essebsi à être reconduit.

Le ministère des Affaires étrangères est, lui, revenu au gendre du chef d'Ennahdha Rafik Abdessalem.

Les deux autres partenaires au sein de la "Troïka", le Congrès pour la République (CPR) et Ettakatol ou Forum démocratique pour le travail et les libertés (FDTL), se partagent les ministères restants aux côtés de plusieurs indépendants dont l'ancienne star du football tunisien Tarek Dhiab, qui sera chargé de la Jeunesse et du Sport.

Leurs leaders se sont vu attribuer, pour le premier Moncef Marzouki (CPR), la présidence de la République, pour le second Mustapha Ben Jaâfar (Ettakatol), la présidence de l'ANC.

Composé initialement de 51 portefeuilles selon des fuites parues dans la presse locale, le gouvernement a été revu à la baisse pour être finalement réduit à 41 membres sous la pression des médias et de la rue qui l'ont jugé pléthorique et coûteux pour le budget de l'Etat en difficulté. Des départements ont été fusionnés tandis que nombre de fonctions de ministres délégués auprès du chef du gouvernement et de secrétariats d'Etat ont été supprimées. Y figurent seulement trois femmes.

Interrogé sur le nouveau ministre des Affaires étrangères Rafik Abdessalem, le modérateur du mouvement islamique Samir Dilou a écarté tout relent de népotisme. Docteur en sciences politiques, diplômé de l'université londonienne de Westminster et ancien chef du département de recherches au centre d'études de la chaîne qatarie Al-Jazira, Rafik Abdessalem se prévaut des compétences requises pour mener à bien la diplomatie tunisienne.

Selon le journal électronique "Leaders", c'est dans la capitale britannique où il a été contraint de se réfugier en 1993 en raison de son militantisme, au sein de l'organisation estudiantine islamiste tunisienne UGTE, qu'il a connu la fille du cheikh Rached Ghannouchi, Intissar. Cette éditorialiste au quotidien "The Guardian" deviendra son épouse et lui donnera deux enfants.

Sans vouloir faire table rase de ce qui existe, il projette de "renforcer et adapter le dispositif diplomatique tunisien au nouveau contexte, pour aller de l'avant et assurer le rayonnement international de la Tunisie".

"La révolution est venue hisser la Tunisie à une place très respectée que nous devons mettre à profit pour développer nos relations extérieures à commencer avec les pays frères dans la région, avec l'Europe et les nouvelles forces émergentes et explorer de nouveaux horizons", ambitionne-t-il.

Parmi ce que le président Marzouki appelle le "tsunami de dossiers urgents" qui attendent le nouvel exécutif, figure le taux de chômage qui affecte plus de 700.000 personnes, dont quelque 200.000 diplômés des universités. Bon nombre d'entre eux végètent depuis des années dans l'espoir de trouver un emploi.

Aggravé par les grèves et les sit-in qui perdurent depuis près d'un an, le chômage est passé de 13 à 18% de la population active.

La tâche est d'autant plus ardue que la Banque centrale de Tunisie (BCT) prévoit une croissance nulle pour 2011.

Pour avoir résisté plus de 16 ans dans les geôles de Ben Ali, le nouveau Premier ministre Hamadi Jebali affiche un optimisme mesuré et une détermination à relever le défi. Les membres du prochain gouvernement sont "des militants bénévoles" dont plusieurs "surprendront les Tunisiens en renonçant à une partie de leurs salaires", martèle-t-il.

Signe d'une volonté de rompre avec les pratiques de l'ancien régime, il assure que son cabinet "veillera à consacrer la transparence et l'honnêteté dans ses rapports avec le peuple et fera montre d'austérité pour préserver l'argent public". Le gouvernement s'attachera à lutter contre "la corruption qui a gangrené ce secteur envahi par le clan (du président déchu) Ben Ali et ses proches", dit-il.

Face aux appréhensions qui ont suivi l'arrivée des islamistes au pouvoir, il semble, par ailleurs, vouloir rassurer en réservant un ministère aux Droits de l'Homme.

Reste à savoir si les 12 à 18 mois, que devrait durer normalement la deuxième période transitoire, seront suffisants pour répondre aux attentes d'une population impatiente de voir le bout du tunnel.

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