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30 août 2010 1 30 /08 /août /2010 20:54

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Grand mélomane et lui-même musicien, Alain Corneau avait misé sur le pouvoir des notes et la puissance du baroque en adaptant en 1991 "Tous les matins du monde", qui lui valut un immense succès populaire et une brassée de récompenses.

Sujet plutôt austère tiré du roman éponyme de Pascal Quignard, le film narre les souvenirs d'un violiste vieillissant à l'aube du 18è siècle, Marin Marais, et son apprentissage auprès de son maître, Monsieur de Sainte-Colombe.

 

Entre Jean-Pierre Marielle, Gérard Depardieu et son fils Guillaume, Michel Bouquet et Anne Brochet, la viole de gambe, instrument pourtant peu populaire, apparaît alors comme l'autre vedette des "Matins du Monde", conte musical sur la transmission.

 

Quand il est appelé en renfort pour l'écriture et l'enregistrement de la musique du film, le musicien catalan Jordi Savall réalise qu'Alain Corneau a déjà fait sa propre sélection: Marin Marais, Monsieur de Sainte-Colombe, Jean-Baptiste Lully, François Couperin...

 

"Il avait déjà une connaissance personnelle du répertoire: il connaissait tous les enregistrements qu'on avait fait 15 ans plus tôt. Moi j'ai complété, mais les pièces essentielles étaient déjà là, comme +La Rêveuse+ de Marin Marais et +Les Pleurs+, de Monsieur de Sainte-Colombe", a expliqué lundi le musicien à l'AFP.

 

"On savait qu'on était en train de faire quelque chose d'exceptionnel, mais moi-même, quand on a fini de choisir les musiques, je lui ai posé la question: Alain, tu es sûr que tu ne veux pas mettre quelque chose de plus gai, de plus virtuose? Mais il était très sûr de son choix", poursuit-il.

 

"Il fallait donner cette image du grand maître qui transmet quelque chose d'essentiel: pas un divertissement, mais une musique qui touche votre âme et vous permet de parler avec les êtres chers qui ne sont plus là. C'est ce message qui a touché tout le monde".

 

"Je dis toujours qu'Alain Corneau fut mon dernier maître de viole de gambe car en enregistrant la musique pour le film, il m'a donné de grandes leçons et j'ai appris l'essentiel: jouer en imaginant que je suis pas moi, mais Marin Marais, jouant pour un être en train de mourir d'amour. Cela m'a permis de changer de perspective".

 

Pour Jordi Savall, ce film reste "l'un des plus beaux films sur la musique, d'une grande intimité et d'une grande éloquence aussi". Qui récolta sept Césars en 1992, dont celui du Meilleur Film et du Meilleur Réalisateur et le Prix Louis Delluc.

Et dont on apprend, à la toute fin, que "tous les matins du monde sont sans retour".

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Published by Utopia-666 - dans Cinéma - سينما
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