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21 février 2010 7 21 /02 /février /2010 20:12
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Agent de la CIA débarqué dans la capitale française pour déjouer un attentat, la star se lâche dans un one-man-show outrancier. Le nez poudré de cocaïne, lubrique, vulgaire, brutal, l'acteur scientologue confirme son amour pour les personnages de mauvais garçons. Bande-annonce.

Crâne rasé, bouc parfaitement taillé, chaîne de rappeur autour du cou, boucle d'oreille, tatouages et blouson noir. On ne dirait pas comme ça, mais c'est bien un agent de la CIA que Travolta incarne dans «From Paris With Love» («Bons baisers de Paris»), production de Luc Besson exécutée par son docile poulain Pierre Morel («Taken», «Banlieue 13»).


Un prétexte à la pure débauche
Un film d'action dont l'unique but, et la seule qualité, est de permettre à la star de «Pulp Fiction» de se lâcher dans le cabotinage le plus outrancier. Un one-man-show qui confirme l'amour irraisonné de Travolta pour les rôles de méchant cynique et excessif. A croire que le scientologue prend un malin plaisir à défier, sur grand écran, tous les préceptes moraux édictés par sa secte.

Basé sur une succession ininterrompue de fusillades, d'explosions et de courses-poursuites, «From Paris With Love» n'a pour scénario qu'un prétexte à la pure débauche. La recette est simplissime: prenez un sage employé de l'ambassade américaine qui rêve de devenir espion, associez-le à un agent de la CIA aux méthodes peu orthodoxes, secouez le duo lancé à la poursuite de dangereux terroristes, saupoudrez d'un peu de banlieue et de blagues communautaires histoire de flatter le public «djeun», et vous obtenez un cocktail putassier qui vendrait sa propre mère pour quelques tickets de ciné en plus.


Un acteur en roue libre
Selon les propres dires de Besson, ça s'appelle du «cinoche». Mais, quand on considère avec un tel mépris la notion même de divertissement populaire, il y a de quoi s'inquiéter. Alors à quoi bon s'attarder sur cet étalage misogyne (les femmes y sont soit des prostituées, soit des traîtresses manipulatrices) et xénophobe (les Chinois dealent de la cocaïne, les Pakistanais fabriquent des bombes, les banlieusards sont des truands)? Disons que la présence de John Travolta justifie à elle seule la vision du film!

Complètement en roue libre, le comédien s'en donne à coeur joie dans le n'importe quoi le plus décomplexé. Et «From Paris With Love» de se laisser totalement contaminer par cet effet spécial en chair et en os, décidément jamais aussi hilarant que lorsqu'il joue au grand méchant («Volte-face», «Broken Arrow», «Opération Espadon», «Punisher», et le récent «L'attaque du métro 123»)!

Dès la première scène révélant son personnage, la machine Travolta se met en marche au quart de tour. Arrêté par un douanier parisien trop zélé qui refuse de le laisser passer avec sa cargaison de boissons énergisantes, l'agent ricain se répand en insultes antifrançais.


Un pur plaisir coupable
La suite enfonce le clou avec une joie débonnaire ahurissante. Après avoir assuré à son jeune collègue inexpérimenté qu'il va l'«endurcir» un poil, le gros John dézingue tout ce qui passe devant son calibre, sniffe de la coke, se détend un peu avec une pute, détruit un restaurant chinois et démantèle, au passage, un réseau de trafic de poudre blanche, passe la banlieue au Kärcher, et manie même le bazooka sur une autoroute.

Tempête de vulgarité ricanante et de brutalité crasse, Travolta se fend au passage d'un clin d'oeil aux fans de «Pulp Fiction» (Luc Besson, scénariste de la chose, en est un) en ingurgitant un bon «Royal Cheese».

Au bout d'une heure trente de cet étalage stupéfiant de testostérone, que même une horde de hooligans bourrés à la bière aurait du mal à concurrencer, on en vient presque à se demander si l'acteur n'a pas véritablement consommé quelques substances illicites pour cette performance qui ferait passer Schwarzenegger, Chuck Norris ou Steven Seagal pour des comédiens shakespeariens.

Pour les amateurs de plaisir coupable, c'est forcément jouissif. Amis de la poésie, en revanche, passez votre chemin!


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À VOIR:tavcov.jpg

«From Paris With Love», Plaisir coupable de Pierre Morel (France/Etats-Unis, 2010, 93'). Avec John Travolta, Jonathan Rhys-Meyers.

Dans les salles dès le 24 février


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Published by Utopia-666 - dans Cinéma - سينما
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