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19 janvier 2011 3 19 /01 /janvier /2011 16:54

Stupéfiant ! Tout le temps que j'avais devant moi, il est derrière.

  • Pense-bêtes, Roland Topor, éd. Le Cherche Midi, coll. Les Pensées, 1992, p. 11

 

Chaque jour se répéter : « Je ne serai plus jamais aussi jeune qu'aujourd'hui ».

  • Pense-bêtes, Roland Topor, éd. Le Cherche Midi, coll. Les Pensées, 1992, p. 26

 

Il fait le même temps partout.

  • Pense-bêtes, Roland Topor, éd. Le Cherche Midi, coll. Les Pensées, 1992, p. 82

 

J'aime bien regarder la pluie qui tombe parce que quelque chose bouge dans le paysage. Cela oblige également les gens à bouger et à râler encore plus. Si vous prenez un taxi et que vous dites « chouette, il pleut », en général le chauffeur vous regarde avec une haine… ! comme si vous étiez le responsable de ce temps là. Je trouve ça chic d'être le maître du temps. Alors vous ajoutez : « J'espère que demain il pleuvra aussi » « Ah, non crie l'autre, parlez pas de malheur ». Cela me rappelle Cocteau : « Puisque ces mystères nous dépassent, feignons d'en être les organisateurs. »

  • Cours termes, Roland Topor, éd. Dumerchez, coll. Mascaret, 1994, p. 81

 

Inutile de regarder en l'air, il n'existe aucun bar correct dans cette direction.

  • Pense-bêtes, Roland Topor, éd. Le Cherche Midi, coll. Les Pensées, 1992, p. 50

 

Le prix des livres est aligné sur celui des repas. Un livre de poche correspond à un sandwich ou un hamburger, un livre d'art ou une édition originale à l'addition dans un restaurant gastronomique. Mais à prix égal, c'est toujours le livre que le public trouve trop coûteux, alors qu'il s'émerveille de la somme modique du repas.

  • Pense-bêtes, Roland Topor, éd. Le Cherche Midi, coll. Les Pensées, 1992, p. 44

 

Pas besoin de livre
Tant que je suis îvre
Je veux faire une cure
Sans littérature.

  • Jachère-party, Roland Topor, éd. Julliard, 1996, p. 127

 

Pilonner les livres est aussi barbare que les brûler, mais provoque moins d'indignation. Les feuilles vierges obtenues grâce aux pages imprimées recyclées fourmillent de fantômes. Des mots ressurgissent, des terminaisons de verbes achèvent de se décomposer, des bribes de ponctuation affleurent. L'autodafé lave quand même plus propre.

  • Pense-bêtes, Roland Topor, éd. Le Cherche Midi, coll. Les Pensées, 1992, p. 50

 

Mettre des feuilles de vigne aux fleurs ?

  • Pense-bêtes, Roland Topor, éd. Le Cherche Midi, coll. Les Pensées, 1992, p. 98

 

La mort est plus nue que la vérité.

  • Pense-bêtes, Roland Topor, éd. Le Cherche Midi, coll. Les Pensées, 1992, p. 71

 

Avant de s'attaquer à une huître, mieux vaut évaluer son agressivité du bout de la fourchette. Certaines sont vraiment très méchantes.

  • Pense-bêtes, Roland Topor, éd. Le Cherche Midi, coll. Les Pensées, 1992, p. 71

 

De conin, qui signifiait lapin en vieux français mais désignait également le sexe féminin, ne demeure que le con. On a remplacé lapin par chatte. Le sexe est devenu carnivore.

  • Pense-bêtes, Roland Topor, éd. Le Cherche Midi, coll. Les Pensées, 1992, p. 105

 

On peut dire ce qu'on veut des visages, ce ne sont pas des états d'âme.

  • Pense-bêtes, Roland Topor, éd. Le Cherche Midi, coll. Les Pensées, 1992, p. 110

 

Il suffit de parler pour devenir un autre.

  • Pense-bêtes, Roland Topor, éd. Le Cherche Midi, coll. Les Pensées, 1992, p. 116

 

« Je suis rapidement sorti m'acheter des Kleenex. J'étouffais ! Tu comprends, il ne fallait pas éternuer quand Breton prophétisait, les conneries étaient sévèrement punies, on n'avait pas le droit de choisir ses amis. Breton, c'était le seul juge du bien et du mal, un vrai proviseur ! » (Roland Topor, « Actuel », n° 36, octobre et novembre 1973)

  • Roland Topor ou le rire étranglé, Frantz Vaillant, éd. Buchet-Chastel, 2007, p. 114

 

« Si Breton avait dirigé un pays, il y aurait eu des goulags aussi grands que ceux des Russes ! » (« Le bon plaisir de Roland Topor », France Culture, 1986, réalisé par Noël Simsolo)

  • Roland Topor ou le rire étranglé, Frantz Vaillant, éd. Buchet-Chastel, 2007, p. 114

 

Les surréalistes, à mes yeux, demeurent trop attachés à lire Freud et à en tirer des conclusions hâtives, et puis surtout à édicter des règles, à tout réglementer à coups de procès, tandis que l'affirmation dada, selon laquelle tout ce qui n'est pas art est art et tout ce qui est art, je n'en ai rien à faire, je pisse dessus, me paraît plus rafraîchissante, plus dynamique. C'est une attitude de jeunes qui ne sont pas rentrés dans le rang, je préfère cela à ces phrases pompeuses qui ponctuaient les œuvres valant des fortunes sur les murs de l'exposition Breton et qui ont perdu en réalité toute valeur iconoclaste. La vie s'en est enfuie. Le pire, c'est que les gens étudient cela avec un sérieux de bons élèves !

  • « Paroles II : « El mundo al revès » », Entretien avec Roland Topor, propos recueillis par Gérald Cahen, Autrement (ISSN 0751-0144), vol. L'Humour, un état d'esprit nº 131, septembre 1992, p. 92-93

 

Trop de régimes autoritaires, d'idéologues de tous poils, de religieux et de moralistes ont prétendu produire un Homme nouveau, supérieur parce que débarrassé de son animalité et n'ont réussi qu'à créer des bêtes capables de la pire barbarie. […] Pourquoi Colin, le sexe de Marquis, est-il le seul à avoir conservé un visage humain ? Parce que notre sexe est le plus sûr garant de notre humanité.

  • Marquis, Roland Topor et Henri Xhonneux, éd. Imprimerie Nationale, 1990, p. 2

 

Les flics, il faudrait qu'ils soient très très bien payés et qu'on puisse les tuer impunément. Ça les rendrait très humbles, parce que c'est le contraire de ce qui se passe dans les pays autoritaires.

  • Roland Topor, Topor et la chanson , Marc Carpentier, documentaire jamais diffusé, 1995

 

La liberté, plus c'est premier degré, mieux c'est.

  • Roland Topor, Topor et la chanson , Marc Carpentier, documentaire jamais diffusé, 1995

 

Le piaillement hystérique des alarmes anti-vol salue le naufrage du siècle.

  • Pense-bêtes, Roland Topor, éd. Le Cherche Midi, coll. Les Pensées, 1992, p. 167

 

Les journaux regorgent d’histoires de braves gens pris en otages à la banque par des gangsters, mais ils restent muets sur les cas, pourtant plus fréquents, de clients pris en otages pas leur banquier.

  • Jachère-party, Roland Topor, éd. Julliard, 1996, p. 80

 

L'homme est fou. Il a tout pour être heureux, les langoustes, les truffes, la gastronomie, les grands vins, la terre qui est si belle et les femmes si jolies, mais il s'obstine à vouloir des sous.

  • « L'argent qu'est-ce ? », Roland Topor, Contes de fins de nuits, Journal de Topor, Centre de la gravure et de l'image imprimée de La Louvière, janvier 1995, p. II

 

Vernissage
Le carton d'invitation spécifiait : « Vernissage en présence de l'artiste. » Effectivement, l'artiste, mort accidentellement deux jours avant l'ouverture de sa grande exposition, a tenu parole. Il n'est pas joli à voir !

  • Made in Taïwan, copyright in Mexico, Roland Topor, éd. Éditions du Rocher, 1997

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