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25 janvier 2011 2 25 /01 /janvier /2011 21:02

Connue pour ses deux films cultes «Silence des Palais» et «Saison des Homme», Moufida Tlatli est une figure phare du cinéma tunisien. Elle vient d’être nommée ministre de la Culture dans le gouvernement provisoire. Une lourde responsabilité qu’elle n’a pas hésité à assumer, consciente que le moment est grave et qu’il faut répondre à l’appel du pays. Elles a des idées et surtout une forte volonté de faire progresser le secteur culturel. Quand on vous a proposé de devenir ministre de la Culture, avez-vous accepté tout de suite ? C’est quelqu’un qui fait partie de la coalition qui m’a proposé. J’ai réfléchi un peu et puis j’ai accepté. J’ai pensé avant tout à mon pays qui a besoin de moi. Je voulais mettre mes connaissances et mes capacités au service de la culture. C’est ma contribution à cette grande révolution. Je vais dans cette mission avec tout mon cœur et avec patriotisme. Grâce à ce qui est arrivé, les Tunisiens ont retrouvé leur identité. Bref, face à ces gens qui ont donné leurs vies pour nous, je ne pouvais que dire oui. N’avez-vous pas eu peur de cette grande responsabilité ? Oui, c’est une grande responsabilité. J’ai eu peur mais j’ai réfléchi d’abord à la Tunisie qui a besoin de moi. Je vais essayer de travailler avec une équipe. Nous allons nous mettre ensemble, tous les ministres pour travailler. Il faut surtout ne pas perdre cette confiance du peuple en des gens qui vont le représenter. Il faut éviter qu’il y ait à nouveau cette faille visible. Je suis animée de cet esprit là. De toutes les façons, je suis assez honnête pour que si je n’arrive pas à bien mener ma mission, je saurai le dire. J’espère que le pays se clame. Les jeunes assoiffés de dignité ont montré un courage extraordinaire. Ils ont demandé la liberté et la démocratie. Rien de plus légitime comme revendications. Je pense que tous ceux qui prendront des responsabilités petites ou grandes vont surtout chercher à ne pas les décevoir. Ce poste de ministre de la Culture a été proposé à d’autres personnalités culturelles comme Jalila Baccar qui l’a refusé en disant que l’artiste doit garder son indépendance et militer pour le bien du pays à partir de sa place, qu’en pensez-vous ? J’aime la Culture et je crois beaucoup à une nouvelle montée d’une jeune génération de gens qui sont assoiffés de reconnaissance et de pouvoir s’exprimer. Je voudrai les aider afin de bénéficier de nouvelles bases pour faire valoir leurs talents et leurs visions. Quels seront les grands axes de votre stratégie culturelle ? D’abord, il faudra prendre connaissance des dossiers qui n’étaient pas transparents, s’entourer d’une équipe solide, travailler ensemble et surtout ne pas perdre de vue les revendications des jeunes et de ces gens qui ont payé de leurs vies dans cette révolte. Il faut se concentrer avant tout sur le dossier de la liberté d’expression. Il est important aussi de fournir les financements nécessaires aux créateurs afin de pouvoir réaliser leurs projets dans tous les domaines culturels. Pourquoi avez-vous d‘abord annoncé que vous allez démissionner avant de vous rétracter? J’étais en route vers le Premier Ministère aux environs de midi. Quand, je suis arrivée du côté du lac, mon téléphone a sonné et une amie artiste m’a annoncé que les cinéastes et les artistes ne sont pas d’accord concernant ma nomination et qu’ils préfèrent que je n’accepte pas ce poste qu’on a déjà proposé à d’autres artistes, notamment de la gauche et qui l’on refusé. On m’a fait entendre les cris de protestations au 4ème Art où ces derniers étaient réunis, cela m’a impressionnée. J’ai pensé que si je vais renter dans ce gouvernement avec une base coupée, et des gens qui ne me soutiennent pas, alors avec qui je vais travailler ? Cette réaction hostile m’a complètement ébranlée et je me suis dit s’il faut démissionner, je le ferais. Après, j’ai commencé à réfléchir. Des cinéastes en lesquels j’ai beaucoup de confiance m’ont conseillée d’aller au gouvernement, d’écouter les débats et de décider ensuite. Je suis allée. Nous avons fait une longue réunion de plusieurs heures. Nous avons débattu et posé des conditions. Les autres ministres étaient déjà au courant de mon intention de démissionner. J’ai dû m’expliquer devant eux. Nous avons décidé finalement de publier un communiqué officiel où nous relatons ce qui s’est dit lors de notre réunion. Cela m’a rassurée. Au fond de moi-même, j’ai pensé que je ne suis pas politicienne mais si j’ai accepté le poste, c’était dans le seul objectif de répondre à mon devoir envers le pays. Je me considère comme quelqu’un d’honnête et propre qui n’a jamais profité de quoi que ce soit. J’ai donc décidé d’y rester et de contribuer à la construction de la Tunisie nouvelle. Ce que je dis maintenant c’est : Attendons que les choses se calment et soyons à l’écoute des revendications des Tunisiens.

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ABDOU ABDOU 31/01/2011 23:01



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