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27 janvier 2011 4 27 /01 /janvier /2011 06:23
À l'heure où s'ouvre le 39e Festival international d'Angoulême, dont il est l'un des Grands Prix, Georges Wolinski, qui est également le président du prix de la BD du Point, frappe très fort. Tout d'abord, sa monumentale Sexualité des Français de De Gaulle à Sarkozy propose une anthologie de ses dessins les plus audacieux, entre pornographie joyeuse et sentimentalisme émouvant. En outre, il est l'objet d'un documentaire au titre évocateur (J'étais un sale phallocrate) que lui consacre Arte et qui sera diffusé le dimanche 30 janvier. Entretien avec un glorieux survivant d'Hara Kiri, plus vivant que jamais. Le Point : Pourquoi avoir fait le choix, dès vos débuts de dessinateur, de vous intéresser à la sexualité ? Georges Wolinski : Je suis né juste avant la guerre, à Tunis. C'était une époque où les tabous et les interdits régnaient. Le seul moyen que j'avais d'accéder à la découverte de la sexualité, c'était par les livres : les Mémoires de Casanova, L'amant de lady Chatterley... Si l'on voulait faire autre chose que flirter, la seule solution était d'aller voir des prostituées. Et on ne couchait pas beaucoup avant le mariage. Ma première femme était vierge, alors que ma seconde épouse, Maryse, que j'ai rencontrée dans l'ambiance de 1968, était déjà une femme libérée, ce que l'on appelle "une femme à pilule". À la lecture de votre ouvrage, plus que la sexualité des Français, c'est la sexualité des femmes qui semble avoir évolué. Du point de vue du désir, les hommes n'ont probablement pas beaucoup évolué, alors que les femmes ont des audaces qu'elles n'avaient pas auparavant. Lorsque j'étais jeune, les femmes de 50ou 60ans n'imaginaient pas être des objets de désir, ce qui est totalement différent aujourd'hui. Ce qui a changé chez les hommes est le regard qu'ils portent sur les femmes. Moi, c'est en côtoyant des féministes que j'ai perdu progressivement l'identité de phallocrate qui me collait alors à la peau. La bande dessinée d'aujourd'hui vous semble-t-elle moins audacieuse et sensuelle que celle de votre jeunesse ? Lorsque j'étais rédacteur en chef de Charlie Mensuel, j'ai publié des auteurs qui allaient très loin, comme l'Italien Guido Crepax [auteur de nombreuses adaptations de la littérature érotique comme Justine ou Histoire d'O, NDLR]. D'aujourd'hui, j'ai bien aimé le Happy Sex de Zep, qui poursuit ce qu'on a entrepris il y a quarante ans avec Hara-Kiri. © Wolinski/Drugstore

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Published by Utopia-666 - dans Des livres - كتب
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