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14 octobre 2010 4 14 /10 /octobre /2010 01:00

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L'amour de la poésie! Arthur Rimbaud figure parmi ceux qui ont le plus partagé mon adolescence, avec beaucoup d'autres dont on peut citer André Breton, Philippe Soupault, Robert Desnos, Louis Aragon, Alfred Jarry (le grand Alfred, avec son gros rire "hémaurme" comme une calamité!), et tant d'autres dont je ne me rappelle pas les noms pour l'instant. Une adolescence entre les livres! C'est là la raison de mon échec scolaire, si je puis dire, mais, je me fous de l'école et de l'instruction: la culture ne passe jamais par les écoles! (Voir l'entrée précédente à propos des niveaux!)


Rimbaud, un amour! Rimbaud, un arc-en-ciel! (Rimbaud, the Rainbow!) C'est avec amour que je le lirai toujours! C'est avec amour également que je citerai, là, un poème magnifique intitulé "ROMAN". Ah, l'âme vagabonde qu'il avait!

 

 


ROMAN
I
On n'est pas sérieux, quand on a dix-sept ans.
- Un beau soir,des bocks et de la limonade,
Des cafés tapageurs aux lustres éclatants !
- On va sous les tilleuls verts de la promenade.
Les tilleuls sentent bon dans les bons soirs de juin !
L'air est parfois si doux, qu'on ferme la paupière ;
Le vent chargé de bruits, - la ville n'est pas loin, -
A des parfums de vigne et des parfums de bière...

II
- Voilà qu'on aperçoit un tout petit chiffon
D'azur sombre, encadré d'une petite branche,
Piqué d'une mauvaise étoile, qui se fond
Avec de doux frissons, petite et toute blanche.
Nuit de juin ! Dix-sept ans ! - On se laisse griser
La sève est du champagne et vous monte à la tête...
On divague ; on se sent aux lèvres un baiser
Qui palpite là, comme une petite bête...

III

Le coeur fou Robinsonne à travers les romans,
- Lorsque, dans la clarté d'un pâle réverbère,
Passe une demoiselle aux petits airs charmants,
Sous l'ombre du faux col effrayant de son père...

Et, comme elle vous trouve immensément naïf,
Tout en faisant trotter ses petites bottines,
Elle se tourne, alerte et d'un mouvement vif...
- Sur vos lèvres alors meurent les cavatines.

IV

Vous êtes amoureux. Loué jusqu'au mois d'août.
Vous êtes amoureux. - Vos sonnets La font rire.
Tous vos amis s'en vont, vous êtes mauvais goût.
- Puis l'adorée, un soir a daigné vous écrire... !
- Ce soir-là,... - vous rentrez aux cafés éclatants,
Vous demandez des bocks ou de la limonade...
- On n'est pas sérieux, quand on a dix-sept ans
Et qu'on a des tilleuls verts sur la promenade.
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commentaires

Amb55 15/10/2010 14:46



éternel Rimbaud ...iconoclaste dis-tu de ta pensée ? pas tant que ça à te voir puiser tes sources dans des auteurs du passé. Ne vois aucune ironie dans mes propos Utopia ... ceux que tu cites
étaient suffisamment en avance sur leurs contemporains pour faire partie de notre présent et de notre moi, nous qui aimons la poésie.


l'âme vagabonde de Rimbauda su aussi me toucher ...


Poétiquement. Solange.



Utopia-666 17/10/2010 01:16



Merci quand même d'avoir pris la peine de me dire ce que tu penses! Mais l'éternité n'est pas liée au temps...!



Mahmoudi 19/09/2010 22:33



Joli article que je viens de découvrir! Merci pour le partage!



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